AERONÁUTICAAUTOMOTRIZENERGÍA

LE GRAND DÉBARQUEMENT EUROPÉEN: LA FRANCE, L’ALLEMAGNE ET L’ITALIE ACCÉLÈRENT LEURS INVESTISSEMENTS ET LEURS ACTIVITÉS COMMERCIALES AU MEXIQUE.

  • La modernisation de l’Accord de Libre-échange entre l’Union européenne et le Mexique (ALEUE) et du Plan Mexique marque le début d’une nouvelle ère de coopération commerciale, favorisant le développement des infrastructures, des hautes technologies et l’ouverture de secteurs sans droits de douane.
  • Avec des investissements record et des missions commerciales stratégiques prévues pour le second semestre, les principales puissances de l’Union européenne font du Mexique leur principal pôle d’attraction commercial en Amérique.

Le Mexique — Le paysage économique mexicain connaît une transformation sans précédent, portée par le bloc européen. La signature récente de l’Accord de Modernisation de l’Accord de Libre-échange entre le Mexique et l’Union européenne (ALEMUE) s’est imposée comme le catalyseur clé permettant à la France, à l’Allemagne et à l’Italie d’accélérer leurs stratégies d’investissement, d’apport de capitaux et de transfert de technologies dans le pays, en s’intégrant pleinement aux projets du « Plan Mexique ».

Ce cadre commercial renouvelé constitue une solide plateforme de sécurité juridique face aux complexités de la politique mondiale et aux révisions d’autres traités tels que le TMEC. En supprimant les droits de douane entre les deux régions, en simplifiant l’implantation des entreprises et en facilitant les flux de réinvestissement, on prévoit — selon les estimations de la Coparmex — une croissance soutenue comprise entre 20 % et 30 % du commerce bilatéral pour les années à venir.

Infrastructures, industrie de pointe et transfert de technologie

L’intérêt des grandes puissances de l’Union Européenne se traduit par une participation active dans les secteurs les plus dynamiques de l’économie mexicaine. La France se positionne à la tête de cette offensive commerciale à la suite de la visite d’État du président Emmanuel Macron et de sa déclaration commune avec la présidente Claudia Sheinbaum. Les entreprises françaises orientent leurs investissements vers des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’aérospatiale, l’automobile, l’industrie pharmaceutique, l’énergie et, tout particulièrement, les infrastructures ferroviaires avec la fabrication de trains.

Parallèlement à cette dynamique, les machines et les solutions industrielles jouent un rôle essentiel dans la modernisation des sites de production nationaux. Preuve en est que la part de marché des machines italiennes au Mexique a atteint le niveau historique de 5,6 % au premier trimestre 2026, affichant une croissance constante face à la concurrence asiatique et nord-américaine. Le pari du « Made in Italy » vise à fournir des biens d’équipement de pointe, en menant la transformation dans des domaines tels que l’automatisation, la fabrication intelligente, la numérisation des processus et le développement des énergies renouvelables.

Des injections de capitaux record et de nouveaux marchés sans droits de douane

La confiance des investisseurs européens est étayée par des chiffres éloquents sur le terrain. L’Allemagne conserve sa place de leader dans le monde des affaires, avec plus de 2 100 entreprises opérant dans le pays, ce qui fait du Mexique son deuxième marché le plus important sur l’ensemble du continent américain.

Les données du Ministère de l’Économie confirment ce dynamisme commercial, avec un afflux record de plus de 14,13 milliards de dollars en 2024, dépassant les 5,41 milliards de dollars en 2025. Après une phase de prudence due à l’incertitude commerciale mondiale, des organismes patronaux tels que la CAMEXA prévoient une reprise accélérée et l’arrivée de nouvelles entreprises allemandes attirées par des avantages concurrentiels tels que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et des coûts énergétiques avantageux.

Cet environnement unifié offre en outre des opportunités inédites de diversification commerciale. Le secteur agroalimentaire apparaît comme la grande nouveauté de l’accord modernisé, puisqu’il est désormais totalement exempt de droits de douane. Cet avantage permet aux investisseurs européens d’étendre leurs portefeuilles d’activités au-delà des industries traditionnelles (telles que la chimie ou la pharmacie), en associant la production agricole mexicaine à une technologie de pointe et en ouvrant l’approvisionnement à des projets ferroviaires et énergétiques ambitieux à l’échelle des entreprises.

Agenda des affaires : la connectivité commerciale en marche

Afin de concrétiser ce dynamisme par de nouveaux contrats et partenariats, les missions commerciales des deux côtés de l’Atlantique se tournent déjà vers la fin de l’année. Des délégations d’entrepreneurs mexicains se rendront prochainement à Paris pour participer aux forums mondiaux de l’investissement et de la technologie « Choose France » et « Viva Tech ». De même, le marché national se prépare à accueillir pour la première fois la « Semaine Économique de la France au Mexique », un rendez-vous multisectoriel destiné à consolider les liens économiques et à ouvrir de nouvelles perspectives commerciales.

Grâce à la puissance financière de l’Allemagne, à l’excellence de l’ingénierie italienne et à la vision stratégique de la France, la modernisation de l’ALEMUE renforce non seulement les échanges de marchandises, mais garantit également une intégration industrielle, technologique et commerciale approfondie pour la prospérité des deux régions.

Source: Forbes